Canicule : que boire, à quelle température et comment bien s’hydrater lorsque l’on est artiste ?
Boire suffisamment : le premier objectif
Lorsque les températures augmentent, le corps humain dispose d’un mécanisme principal pour évacuer la chaleur : la transpiration. Cette stratégie physiologique est efficace mais elle entraîne des pertes importantes d’eau et d’électrolytes.
La sensation de soif constitue un signal tardif. Lorsque celle-ci apparaît, une partie du déficit hydrique est déjà installée. C’est pourquoi les recommandations sanitaires insistent sur la nécessité de boire régulièrement tout au long de la journée.
La quantité idéale varie selon l’âge, l’activité physique, le poids corporel, le niveau de chaleur et le taux d’humidité. Il n’existe donc pas de volume universel applicable à tous.

Eau fraîche, eau tempérée ou eau glacée : que dit la science ?
L’eau fraîche : le meilleur compromis
La plupart des spécialistes considèrent que l’eau fraîche représente le choix le plus pertinent.
Elle présente plusieurs avantages :
- elle procure une sensation immédiate de rafraîchissement ;
- elle favorise souvent une consommation plus importante ;
- elle est généralement bien tolérée sur le plan digestif ;
- elle contribue efficacement au maintien de l’hydratation.
Pour la majorité des individus, une température comprise entre 10 et 15 °C constitue un bon compromis.
L’eau à température ambiante
L’eau à température ambiante hydrate tout aussi efficacement.
Certaines personnes la préfèrent parce qu’elle est plus confortable à boire rapidement et provoque moins de sensations de gêne gastrique.
Son principal inconvénient est qu’elle procure une sensation de fraîcheur moins marquée lors des fortes chaleurs.
Les boissons glacées : une fausse bonne idée ?
Les boissons très froides procurent un soulagement immédiat.
Cependant :
- elles peuvent entraîner des douleurs digestives chez certaines personnes ;
- elles peuvent être moins agréables à boire en grande quantité ;
- leur effet rafraîchissant reste souvent transitoire.
Chez un sujet sain, elles ne présentent pas de danger particulier mais ne constituent pas nécessairement la meilleure stratégie pour lutter contre la chaleur.
Les boissons chaudes refroidissent-elles vraiment le corps ?
La question revient régulièrement.
Certaines études ont montré qu’une boisson chaude peut augmenter la transpiration. Si cette transpiration s’évapore efficacement, elle peut contribuer au refroidissement du corps.
Toutefois, ce mécanisme n’est réellement avantageux que dans certaines conditions :
- environnement sec ;
- vêtements peu couvrants ;
- bonne circulation de l’air.
Dans les situations habituelles de canicule urbaine, les bénéfices restent modestes et les boissons fraîches demeurent généralement plus confortables.
Thé, café et hydratation : faut-il s’en méfier ?
Pendant longtemps, les boissons contenant de la caféine ont été considérées comme déshydratantes.
Les connaissances actuelles nuancent largement cette idée.
Chez les consommateurs habituels :
- le café contribue aux apports hydriques quotidiens ;
- le thé participe également à l’hydratation ;
- les effets diurétiques restent limités aux consommations importantes.
Le principal risque est davantage lié à un excès de caféine pouvant favoriser nervosité, troubles du sommeil ou palpitations, déjà parfois exacerbés par la chaleur.
Les aliments qui hydratent
L’hydratation ne dépend pas uniquement des boissons.
De nombreux aliments apportent une quantité importante d’eau :
- pastèque ;
- melon ;
- fraises ;
- pêche ;
- concombre ;
- tomate ;
- courgette ;
- salades ;
- soupes froides.
Chez certaines personnes âgées ou chez les artistes travaillant de longues heures, ces aliments peuvent représenter un complément utile.
Pourquoi les artistes doivent être particulièrement vigilants
Les artistes constituent une population souvent exposée à des conditions de travail favorisant la déshydratation :
- éclairages scéniques puissants ;
- répétitions prolongées ;
- costumes parfois très chauds ;
- déplacements fréquents ;
- stress de performance.
Une perte hydrique modérée peut suffire à diminuer :
- la concentration ;
- la vigilance ;
- la précision motrice ;
- l’endurance ;
- la capacité de récupération.
Musiciens : préserver précision et endurance
Chez les instrumentistes, la déshydratation peut altérer la qualité du geste, la coordination fine et la résistance à la fatigue.
Les musiciens d’orchestre, les percussionnistes, les instrumentistes à vent et les artistes se produisant sous éclairage intense doivent prévoir une hydratation anticipée.
L’objectif n’est pas de boire de grandes quantités juste avant l’entrée en scène, mais de maintenir une hydratation régulière plusieurs heures auparavant.
Chanteurs : attention au confort vocal
Contrairement à une idée répandue, l’eau bue ne vient pas hydrater directement les cordes vocales.
Toutefois, une bonne hydratation générale contribue au maintien de l’équilibre des tissus et des sécrétions qui participent au confort vocal.
Chez certains chanteurs :
- les boissons glacées peuvent provoquer une sensation d’inconfort ;
- les boissons très chaudes peuvent être irritantes.
Une boisson fraîche ou tempérée est généralement la solution la mieux tolérée avant une prestation.
Danseurs et circassiens : une véritable problématique de performance
Danseurs et artistes de cirque cumulent souvent plusieurs facteurs de risque :
- dépense énergétique élevée ;
- forte production de chaleur ;
- transpiration abondante ;
- travail sous chapiteaux ou sous projecteurs.
La déshydratation entraîne alors :
- diminution de l’endurance ;
- baisse des capacités d’équilibre ;
- augmentation du risque de blessure ;
- récupération plus lente.
Une stratégie d’hydratation planifiée avant, pendant et après l’effort devient alors indispensable.
Conseils pratiques pendant les fortes chaleurs
- Boire régulièrement sans attendre la soif.
- Privilégier l’eau fraîche plutôt que glacée.
- Fractionner les prises au cours de la journée.
- Augmenter les apports lors des répétitions ou représentations.
- Consommer des fruits riches en eau.
- Limiter l’alcool.
- Éviter les boissons excessivement sucrées.
- Adapter les apports aux conditions de travail et au niveau d’activité.
Rédacteur Docteur Arcier, président fondateur de Médecine des arts®
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