Mucite

Mucite, comprendre, prévenir et accompagner un effet secondaire souvent sous-estimé.

Résumé

La mucite est une inflammation des muqueuses, le plus souvent buccales, fréquente lors des traitements anticancéreux tels que la chimiothérapie et la radiothérapie. Elle se manifeste par des douleurs, des aphtes et une gêne fonctionnelle pouvant entraîner dénutrition, déshydratation et parfois une adaptation des traitements. Son mécanisme repose sur l’atteinte des cellules épithéliales à renouvellement rapide et sur une réaction inflammatoire locale. La prévention repose sur une hygiène bucco-dentaire rigoureuse, l’éducation des patients et des soins de bouche adaptés. Des avancées récentes, comme la photobiomodulation orale, améliorent significativement la prise en charge. Chez les artistes, notamment les musiciens instrumentistes à vent et les chanteurs, la mucite peut fortement perturber l’activité professionnelle et nécessite une approche globale et personnalisée.

Douleur, aphtes et gêne fonctionnelle : la mucite est un effet secondaire fréquent des traitements anticancéreux, encore souvent sous-estimé. Elle impacte fortement la qualité de vie et peut aussi entraver certaines pratiques professionnelles et artistiques.

Une inflammation des muqueuses

La mucite désigne une inflammation des muqueuses, le plus souvent buccales, mais pouvant également toucher l’œsophage ou l’ensemble du tube digestif. Elle constitue l’un des effets indésirables les plus fréquents et les plus invalidants des traitements anticancéreux, notamment la chimiothérapie, la radiothérapie et certaines thérapies ciblées. Rougeurs, douleurs intenses, aphtes multiples, brûlures et difficultés à s’alimenter sont autant de manifestations qui altèrent profondément la qualité de vie des patients.

Présentée lors du congrès 2025 de l’AFSOS, l’actualisation du référentiel sur les mucites vise à rendre leur évaluation et leur prise en charge plus simples et plus pédagogiques. Ce nouveau texte s’inscrit dans la continuité des recommandations internationales publiées en 2024 par la MASCC et l’ISOO. L’un des enjeux majeurs reste la meilleure reconnaissance clinique de ces lésions, encore trop souvent sous-estimées. L’utilisation systématique d’outils comme l’Oral Assessment Guide (OAG) et la gradation OMS (CTCAE) permet une évaluation plus précise de la sévérité, complétée par les questionnaires rapportés par les patients eux-mêmes.

Sur le plan physiopathologique, les mucites résultent de l’action cytotoxique des traitements sur les cellules à renouvellement rapide, notamment les cellules épithéliales de la cavité buccale. Cette agression directe, associée à une réaction inflammatoire locale, fragilise la muqueuse et favorise l’apparition d’ulcérations parfois très douloureuses. Les conséquences peuvent être lourdes : dénutrition, déshydratation, surinfection, et parfois adaptation ou interruption des traitements anticancéreux.

La prévention des mucites

La prévention repose avant tout sur une hygiène bucco-dentaire rigoureuse, un bilan dentaire préalable et l’éducation du patient. Parmi les avancées récentes, la photobiomodulation orale (laser de basse énergie) dispose désormais d’un haut niveau de preuve, notamment en prévention chez les patients recevant des chimiothérapies intensives ou une radiothérapie cervico-faciale. Les soins de bouche simples (bicarbonate de sodium) et les traitements ciblés selon le type de lésion (antalgiques locaux, sucralfate, acide tranexamique) complètent la prise en charge, tandis que les mélanges artisanaux et l’automédication par phytothérapie doivent être évités sans avis médical.

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