Art Etrusque
Les Poteries noires Etrusques

On a beaucoup discuté sur l’origine de ces poteries noires ; les uns ont pensé que cette couleur due à une terre spéciale, les autres à une préparation particulière qu’on faisait subir à ces vases pendant leur cuisson. C’est cette dernière supposition qui est aujourd’hui la plus généralement admise. Voici comment les Etrusques auraient obtenu ce ton noir.

Quand leurs poteries étaient sèches et prêtes pour l’enfournement, au lieu de les mettre dans le four à la manière ordinaire, les potiers auraient placé ces vases dans des cazettes, remplies ensuite de copeaux et de sciure de bois ; puis ces cazettes, lutées convenablement, étaient placées dans le four. Les copeaux de sciure de bois se carbonisaient et produisaient une fumée qui, condensée dans l’intérieur des cazettes, colorait en noir les vases.

Nous ajouterons que quelques chimistes, qui ont analysé la composition de la pâte de ces vases noirs (creta nera), ont prétendu que cette coloration était due à la présence dans cette pâte d’oxyde de fer et de manganèse ; or ces deux oxydes ne peuvent fournir le beau noir des vases de Chiusi. Quelques archéologues ont dit aussi que la terre de ces vases était mélangée avec du bitume et du charbon. Ces deux suppositions sont également erronées, car la température de cuisson nécessaire pour ces vases aurait volatilisé le bitume et réduit en cendre le charbon. Donc, jusqu’à preuve du contraire, nous nous en tiendrons au procédé d’enfumage comme colorant.

Les vases que montrent nos figures 381 à 383 font partie de la collection Campana (musée du Louvre).
Nos figures 384 et 385 montrent deux sortes de caducées ou pedum en bronze. Le premier (fig. 384), qui se termine en douille, devait porter un manche en bois ou en ivoire. La partie supérieure est formée par cinq têtes de serpents mordant des branches de fer dont il ne reste que des tronçons servant de support à un anneau de bronze, dont les extrémités légèrement coudées venaient sans doute buter contre la tête placée dans le haut de l’instrument. Dans la figure 385, les têtes de serpents sont remplacées par deux têtes de béliers ; on sait que cet animal est souvent l’acolyte de Mercure, dieu pasteur, et qui à ce titre intervient aussi fréquemment dans les sacrifices.
Notre figure 386 montre un fragment célèbre de la cimaise d’un temple de Métaponte. Notre figure 387 reproduit un case étrusque d’un très beau caractère ; mais un peu lourd de forme ; enfin notre figure 388, le vase dit des trois Muses, de la collection Campana (musée du Louvre). Sa femme en œnochoé indique son usage : il servait à verser le vin dans les repas.

Sur la panse de ce beau monument céramographique, on voit les trois personnages qui lui ont fait donner son nom ; ce sont les trois muses Uranie, Calliope et Melpomène, c’est-à-dire l’astronomie, la poésie héroïque et la tragédie. Notre planche XII montre le développement de la panse de cet œnochoé.

On peut rien que dans cette planche, étudier le style étrusque ; nous trouvons, en effet, dans le haut une bordure en palmettes, dans le bas un entrelacs coupé de damiers de deux genres.
Quant au trois Muses, elles ont trois costumes, trois poses et trois coiffures qui diffèrent d’une manière sensible. Les profils d’Uranie et de Calliope se ressemblent bien, mais ils sont loin d’être identiques ; nous ne parlons pas de celui de Melpomène, qui est défigurée puisqu’elle souffle très fort dans une double flûte.
Dictionnaire de l’art, de la curiosité et du bibelot
Ernest Bosc, Paris, Librairie de Firmin-Didot et Cie, 1883
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