Anne Boleyn

Italien Anna Bolena

  •   Opéra en deux actes (six tableaux),
  •   Livret de Felice Romani
  •   Musique de Gaetano Donizetti.

Création 20 décembre 1830, à Milan (au Teatro Carcano, et en 1832 à la Scala ; dans les deux cas, avec Giuditta Pasta – qui créera également Norma.

Personnages

  •   Henry VIII (Enrico), roi d’Angleterre (basse)
  •   Anne Boleyn (Anna Bolena),
  •   Sa deuxième femme (soprano dramatique coloratura)
  •   Jane Seymour (Giovanna), dame d’honneur (mezzo-soprano)
  •   Lord Rochefort, frère d’Anne (basse)
  •   Lord Richard Percy (Riccardo) (ténor)
  •   Sir Hervey, officier de la Cour (ténor)
  •   Smeaton, page (alto)
  •   Chœur

Argument
L’action, qui s’appuie sur des faits historiques (et sui, dans l’ensemble, leur demeure fidèle), se déroule en 1536 au château de Windsor, puis à la Tour de Londres.
Premier acte
Anne Boleyn, deuxième femme du roi Henry VIII, apprend le retour de l’homme qu’elle a aimé, Richard Percy, qui avait été banni du royaume pour des raisons politiques ; sa dame d’honneur Jane Seymour, quant à elle, ambitionne d’accéder au trône comme épouse légitime du souverain. Le frère d’Anne, lord Rochefort, la persuade d’encourager Percy à s’éloigner ; mais la passion demeure la plus forte… Le roi, intervenant, fait arrêter sa femme et Percy.
Second acte
Anne tente d’obtenir l’aide de Jane, mais refuse de se reconnaître coupable pour sauver sa vie. Anne et Percy sont condamnés par les pairs du royaume ; conduite au supplice, Anne divague et croit aller à ses noces avec Henry VIII ; mais c’est en pleine conscience qu’elle accuse le roi et Jane, puis leur pardonne avant de mourir.

Le compositeur
Donizetti (né à Bergame, 1797, mort en 1848) fut l’élève de Simon Mayr (auteur de soixante-dix opéras) et du père Mattei – le maître de Rossini -, à Bologne. Après ses premiers succès sur différentes scènes italiennes, il s’établit en 1827 à Naples, où il devint professeur et fit représenter en moyenne trois nouveaux opéras par an ! Il s’installa à Paris en 1838 ; les dernières années de sa vie furent assombries par des troubles mentaux qui nécessitèrent son internement en 1846.
Son incroyable rapidité de travail (certains ouvrages furent composés en quinze jours), sa débordante activité (Donizetti était souvent le metteur en scène de ses spectacles) n’ont pas permis au musicien d’édifier une œuvre homogène : le talent mélodique est souvent affaibli par la platitude de l’harmonie et de l’instrumentation. Soixante-quinze opéras constituent sa production lyrique – parmi lesquels Anna Bolena, L’Elisir d’amore (1832), Lucrezia Borgia (1833), Lucia di Lammermoor (1835), Roberto Devereux (1837), la Fille du régiment (1840), la Favorite (même année), Linda di Chamounix (1842), Don Pasquale (1843), Maria di Rohan (même année), Caterina Cornaro (1844). Donizetti écrivit également de la musique sacrée, vingt-huit cantates, quinze symphonies, de la musique de chambre…, œuvre prolifique qui,, sauf la douzaine d’opéras mentionnés ci-dessus (la plupart commentés), est totalement oubliée aujourd’hui.

L’œuvre
Après les premiers ouvrages fortement influencés par Rossini, Anna Bolena peut être considéré comme le premier opéra de Donizetti où se manifeste sa personnalité (l’ouvrage, qui porta sa renommée hors d’Italie, fut longtemps regardé comme son chef-d’œuvre dramatique) ; il marque, en ces sens, une date dans l’histoire de l’opéra en général : c’est le « tournant » entre l’opéra rossinien et le romantisme. Le bel canto – et l’ornementation qui lui est spécifique – se met au service de l’expression dramatique et psychologique. Si l’ouvrage présente, épisodiquement, des pages fort convaincantes à cet égard (le cri de désespoir d’Anne, au terme du premier acte, et sa résignation à l’implacable destin dans l’air « Ah, segnata è la mia sorte », d’une tristesse élégiaque), c’est dans la pathétique scène finale que le musicien se montre véritablement inspiré : la « vision » extatique de l’héroïne (« Al dolce guidami »), sa prière (« Cielo, a miei lunhi spasimi »), la magnifique cabalette conclusive (« Coppia iniqua »), la magnifique cabalette conclusive (Coppia iniqua ») manifestent un talent de compositeur de théâtre qui trouvera, sous peu, son épanouissement dans Lucrèce Borgia et, surtout, dans Lucie de Lammermoor.

Discographie
Un enregistrement intégral disponible
B. Stills (Anna), S. Verret (Giovanna), S. Burrows (Percy), P. Plishka (Enrico), Orch. Symph. De Londres, dir. J. Rudel (4 disques, Voix de son maître).
On trouve aussi la Cavatine et scène finale, par M. Callas, Orch. Philharmonia, dir. N. Rescigno (1 disque, Voix de son maître), ainsi qu’un enregistrement « live » (3 disques mono, Cetra) : c’est un témoignage exceptionnel de l’art de M. Callas et G. Simionato.


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